Pourquoi beaucoup de prêtres étaient radiesthésistes ?

Cela peut paraître surprenant de nos jours car on imagine mal un prêtre sortir son pendule ou ses baguettes de sourcier, mais les hommes d’église ont un rapport très fort avec la radiesthésie. Ce lien s’explique aisément par l’attitude spécifique des radiesthésistes qui est similaire sur de nombreux point à celle du religieux. Pour exprimer pleinement leur art, les radiesthésistes ont besoin de se trouver dans un état spécifique précis, dans la concentration exclusive sur un élément particulier.



Retour sur l’histoire de la radiesthésie


Avant le XIXe siècle, on utilisait le terme de rabdhomancie (du grec rabdos : baguette et mancie : divination) qui correspond à la radiesthésie utilisée avec des baguettes ou le terme de Sourcellerie (art du sourcier). Si celui de radiesthésie est assez récent, son utilisation remonte à la nuit des temps avec des découvertes de pendules dans les sépultures Egyptiennes, en Mésopotamie, en Chine ou chez les Celtes.


Moïse, qui avait la réputation d’être un excellent sourcier, est d’ailleurs leur saint patron. Dans le livre des nombres, 20 : 8 en parlant de Moïse : « Prends la baguette et convoque l’assemblée (…) et vous devez parler au rocher (…)

pour qu’il donne vraiment son eau ». Les personnes utilisaient presque exclusivement les baguettes de sourcier comme le célèbre couple Beausoleil (au XVIIe siècle) qui avaient mis au point sept baguettes différentes pour trouver des minéraux.


Le XIXe siècle et l’omniprésence des religieux


. C’est l’ère industrielle qui voit apparaître et se répandre l’utilisation du pendule comme nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire l’utilisation d’un poids suspendu à une chaîne servant à trouver de l’eau, des minéraux, des réponses à des questions…


La paternité du terme de radiesthésie remonte à l’abbé Bouly qui a enfanté le terme au début du XXe siècle autour de la création de l’Association française et internationale des amis de la radiesthésie à Lille le 29 décembre 1929 (composé d’un grand nombre de scientifiques éminents dont des membres de l’académie de médecine et de l’académie des sciences). Alexis Bouly (1865-1958) utilise le temps libre l’hiver que lui permet son poste de curé à la paroisse d’Hardelot-plage pour apprendre. Il découvre le métier de sourcier en 1913. Assoiffé de découvertes, il expérimente des techniques de recherches de cavités, métaux, microbes… Il acquiert rapidement une notoriété internationale et utilise les gains financiers pour soulager la misère.



Il a collaboré avec d’autres radiesthésistes célèbres comme l’abbé Mermet (1866-1937) surnommé « le prince des Sourciers » qui a publié l’ouvrage Comment j’opère édité à plusieurs milliers d’exemplaires dans les années 1930 (il est à l’origine de la découverte de la grotte de Lacave dans le Lot) ou Monsieur Henri de France (1872-1947) qui prend la suite de la direction de son association.


La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle est donc au cœur de l’explosion de la radiesthésie autour de grandes figures religieuses. Comme énoncé dans l’introduction, cette « curiosité » historique doit son origine à l’acte de foi utilisé par les radiesthésistes. Pour trouver, il faut être dans un état spécifique, état qu’on appris les religieux dans leurs recherches spirituelles.


L’état spécifique du radiesthésiste


Même si avec la pratique on obtient très rapidement les réponses aux questions que l’on se pose, il faut se trouver dans un cadre propice à ce travail pour se mettre en résonnance avec l’objet de sa recherche :



  • S’isoler de l’ensemble des vibrations qui nous entourent pour se concentrer sur celle que l’on recherche ;

  • Ne pas mettre d’affecte dans la question – disposer d’une neutralité complète. Si vous recherchez sur une carte votre enfant kidnappé, votre sensibilité sera tellement forte que vous ne parviendrez pas à obtenir de résultats. Pas d’imagination ou de suggestion. Il faut rester neutre/indifférent sans a priori face au résultat ;

  • Faire le vide dans son cerveau ;

  • Ne poser qu’une seule fois la question, même si vous ne voulez pas de la réponse que vous propose le pendule ;

  • Être bien installé. On s’installe soit debout, soit assis. Pas de jambes ou de bras croisés, pas d’ordinateurs portable sur les genoux ou collé à un transformateur électrique, pas les membres tendus, pas dans des vêtements qui oppressent et qui déconcentrent la pensée… il faut être décontracté et libre de ses mouvements ;

  • Être en bonne disposition alimentaire : ne pas avoir faim ou attendre que la digestion soit faite si vous êtes sensibles sur ce point ;

  • Avec une attitude mentale adaptée à la pratique : on ne pose pas de question en se précipitant dans la voiture après avoir posé son enfant au sport et en courant à la voiture pour faire les courses avant de le récupérer. Un état de stress ou de fatigue trop importante n’est pas non plus opportun pour apporter les meilleures réponses aux questions posées. Il faut donc du calme, de la patience. Surtout pas de crispation ou d’énervement lors des premières tentatives lorsque le résultat n’arrive pas comme on le souhaite.

  • Faire le vide grâce à une période de « déconnexion » avec la vie extérieure qui oblige à se précipiter, à « zapper » d’une activité à l’autre sans souffler, à avoir sans arrêt le bruit de la télévision ou de la radio… Il faut vivre le moment présent et éviter d’être en stress pour avoir assez de temps ou perturbé par l’extérieur. Votre subconscient le ressentira et vous n’aurez pas le niveau de réponse souhaité ;

L’énumération de toutes les conditions pour pratique la radiesthésie peut paraître insurmontable mais il n’en est rien. Vous parviendrez rapidement, en quelques secondes, à vous mettre dans un état propice aux résultats. Faire de la radiesthésie est une activité simple mais qui nécessite du calme, de la concentration, une position et des habits décontractés, être en forme physique et savoir se ressourcer. Ce dernier élément est important et passe par du temps pour soi (flâner, marcher les pieds nus dans le jardin ou dans la forêt…) afin de « recharger ses batteries ». Il faut donc se trouver en pleine forme dans sa bulle de protection pour être pleinement réceptif à l’identité énergétique recherchée.


Les religieux disposant de ces qualités, il n’est donc pas étonnant de les retrouver en première ligne dans la pratique de la radiesthésie.