Le régule martial d'antimoine

Beaucoup d'alchimiste qui s'intéressent à l'alchimie minérale se sont questionnés un jour sur le régule d'antimoine et plus particulièrement sur le régule martial d'antimoine. Cet article a pour objet de vous faire découvrir comment les chimistes du XVIIe siècle se sont emparés de la question à travers le Traité de Chymie de Nicolas le Febvre.

Formation alchimie - régule d'antimoine

Du régule d’antimoine

Voici un extrait de l’ouvrage de Nicolas le Febvre sur le régule d’antimoine. Nous avons essayé de refaire un texte dans un français plus actuel, ce qui n’est pas toujours chose aisée. « Nous avons déjà dit ci-devant que le régule d’antimoine n’est rien autre chose qu’un antimoine dépuré, comme le cristal de tartre n’est qu’un tartre purifié : mais il faut que cette purification se fasse sans tartre, à cause que l’alcali qui le forme de la calcination du tartre et du nitre est un sel melé, qui extrait et qui dissout les souffres les plus fixes et les plus intimes des mixtes, comme cela parait par les faces qui funage le régule qui est fait avec le tarte qui font hautes en couler et par le peu de régule qu’on en tire par ce moyen. Mais on pourra dire que l’artiste ne doit pas tant rechercher la quantité que la qualité, et que quoi qu’il en trouve davantage avec une autre façon de travailler, fi est-ce qu’il doit se ternir à celle qui en donne moins, parce qu’on le croit plus pur et plus ouvert.

Pour répondre à cet argument, il faut que nous posions premièrement que nous nous ferons du mars pour faire le régule, afin d’établir, que le fer ou l’acier font des agents capables d’attirer à soi le souffre impure et combustible de l’antimoine, à cause de la recherche de la porosité et de la terrestreité du mars qui est aussi de ce nourrir de ce dont il a besoin, et qu’il le tire à soi par tout où il le rencontre : comme nous en avons donné un échantillon de la preuve, lorsque nous avons décrit la purification du fer pour le convertir en acier par le moyen du soule gras, volatil et onctueux des cornes de bœuf. De plus le nitre conserve inflammation subite et une fusion qui élève par une ébullition et comme par une fermentation instantanée tout le mars, les impuretés terrestres et le soufre externe de l’antimoine, de sorte que la seule partie réguline et mercurielle de l’antimoine demeure en flux au bas du creuset, qui possède en soi son souffre fixe et solaire qui a tiré à soi par sympathie et par analogie de substance l’âme de mars, qui est soufre pur.

Creuset pour l'alchimie

Ainsi l’artiste (qui correspond à l’alchimiste) doit considérer que nous conservions dans cette opération le pur de l’antimoine et que nous en chassons l’impur et que de plus, nous ioignons encore à ce pur un autre oufre qui n’est pas de moindre efficacité que celui qu’il contient en soi : au lieu qu’avec le tartre on ne manque jamais de dissoudre et d’extraire le pur et son souffre, qu’il faut nécessairement conférer si on veut réussir à bien faire les autres opérations qui en résultent avec la vertu qu’on y désire, qui ne peut provenir que de ce pur mercure et de son souffre. Tout cela nous fait conclure à donner la description du régule qui va suivre.

Comment il faut bien faire le régule d’antimoine

Prenez une demi livre de pointes de cloux à fer de chevaux, ou une demie livre de limaille de fer ou d’acier qui sont bien nette, mettez-la dans un bon creuset qui soit un peu grand et profond, placez le sur la culotte du four à vent, couvrez le d’un morceau de brique et l’enfouir de charbon noir mêlé de charbons vifs, afin qu’ils s’allument peu à peu et que cela fera de recuire au creuset et lorsque le fer sera bien allumé et que l’artiste (l’alchimiste) verra que le mars est une ignition très route et claire, en sorte qu’elle tende sur le blanc, il y faut alors ajouter une liure d’antimoine bien choisi en poudre, puis recouvrir le creuset de la brique et de charbons, afin de hâter la fonte et l’union des deux matières.

Formation alchimie

Dès lors que cela se connaître par la fréquente inspection de l’artiste, il apprêtera le cornet à régule s’il en a, le tiendra chaud et le frottera de cire au fond, puis il mettra dans le creuset trois ou quatre onces de nitre qui fait réduit en poudre grossière et qui est très sec et un peu échauffé, afin qu’il s’enflamme plutôt avec le souffre d’antimoine et que la fusion en soit plus prompte et plus nette, car dès que le nitre est dans le creuset, il fait une ébullition des matières avec un bruit et des étincellement qui produisent de l’air du nitre et du mélange du souffre avec le mars : mais il faut que l’artiste prenne bien garde d’être prêt avec des tenailles pour tirer le creuset et verser les matières dans le cornet, aussitôt que l’ébullition est passé, autrement il se ferait une croûte au-dessus qui en empêcherait le iet et qui se font aussi très difficilement.

Aussitôt que les matières sont dans le cornet, il faut frapper sur son bord avec un pilon ou avec un marteau pour mieux faire la séparation du régule : mais si l’alchimiste n’est pas fourni de cet instrument, il se contentera de tirer aussitôt le creuset du feu et de le poser sur une brique un peu chaude et frapper doucement sur le bord et le laissera refroidir. Il serait pourtant nécessaire qu’il eut un cornet dans son laboratoire, à cause qu’il ne serait pas obligé de rompre son creuset, qui lui servirait aux autres fontes pour la purification du régule, et que de plus il ne perdrait pas tant de temps ni de feu inutilement, car il ferait les quatre fontes de suite dans un même vaisseau.

L’auteur chimiste et non plus alchimiste comme on pouvait encore faire la confusion à l’époque, indique qu’il faudra opérer cette opération quatre fois afin de faire ressortir l’œil de l perdrix en son centre et obtenir ainsi le régule étoilé dans son centre blanc comme l’argent.

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