L’alchimie et les stalles de la cathédrale de Poitiers - Partie 7

Les stalles de la cathédrale de Poitiers proposent un panorama riche du travail du grand œuvre. Pourtant, rares sont les alchimistes à les avoir étudiées, privilégiant à grand renfort de publications diverses et variées les sculptures de la Cathédrale de Paris ou de Chartres. Eugène Canseliet est l’un des rares à avoir laissé un témoignage à leur propos qui va nous servir, entre autre, à l’analyse de ces sculptures.


Alchimie cathédrale poitiers

Pour faire ce travail d’analyse des stalles, nous utiliserons le travail d’Elise Maillard historienne du début du XXe siècle qui a travaillée sur l’aspect historique et d’Eugène Canseliet pour l’approche alchimique. Nous combinerons le tout pour tenter une approche compréhensible par tous, tant sur l’aspect historique, alchimique et ésotérique. On se rend compte en étudiant les deux ouvrages que l’ordre de l’un et de l’autre est totalement opposé, que celui qui n’en étudie que l’aspect esthétique se trouve en sens opposé de lecture que celui présenté par le prisme de l’étude de la Nature.

Les anges porteurs de couronne

L’approche historique.

Alternant avec des motifs variés, toute une théorie d'anges occupe la moitié des écoinçons de l'arcature. Vus de face, nimbés, les ailes éployées, les bras levés, tenant de chaque main une couronne fleuronnée, ils donnent de l'uniformité à la décoration ; mais la monotonie, qui aurait pu résulter de la similitude des gestes et des attitudes, a été évitée par la variété des expressions physionomiques et aussi par la diversité des costumes.

Au nord, les visages calmes reflètent la tranquillité, tandis qu'au sud certains anges sourient avec une acuité que nous préférerions moins affirmée. Les anges des écoinçons nord portent l'aube à larges manches dont les plis forment naturellement, sans accidents ni cassures ; ceux du côté sud portent-des costumes plus compliqué s’ils se drapent dans des se manteaux très amples, retenus sur la poitrine soit par un mors soit par un cor- don passé parfois dans un fermail; certains de ces manteaux, passés en tra- vers du buste avant d'être rejetés sur l'épaule, forment des plis abondants d'une belle, franche et large, exécution qui rend sensible la qualité de la grosse étoffe laineuse.

A partir de la seconde moitié du XIIe siècle, on sculpta souvent des anges sortant des nuées et présentant des couronnes . Lorsqu'au XIIIe siècle, pour décorer les murs, les arcatures furent en honneur, des anges, porteurs d'objets liturgiques (flambeaux, encensoirs, etc.) ou de couronnes, prirent place dans les écoinçons dont leurs ailes éployées et leurs bras symétriquement levés emplissent admirablement le champ d’arcatures du soubassement de la Sainte Chapelle (chapelle haute) et de la façade de l'église de Rampillon (Seine-et-Marne), ces dernières d'une architecture identique à celles de la façade et des stalles de Poitiers.

Ces anges font penser à ceux qui figurent aux grandes compositions des portails des églises : descendant du ciel pour couronner la Vierge, distribuant des couronnes aux élus admis à entrer dans la Jérusalem Céleste, ou bien encore apportant aux saints la couronne des martyrs; mais lorsqu'ils avoisinent des sujets créés par la fantaisie des ornemanistes — comme c'est ici le cas — on ne saurait leur reconnaître une signification symbolique.

Aux extrémités occidentales des deux groupes de stalles, qui n'ont point été mutilées et tronquées comme les extrémités orientales, des anges, posés de profil afin de se mieux adapter à la surface moitié moins grande que celle où leurs voisins seront placés de face, montrent une notable différence de technique entre les sculpteurs des deux côtés des stalles. A l'ange du côté sud, qui sourit avec une exagération bien près de la grimace et qui s'apparente aux physionomies des figures qui l'avoisinent physionomies qui ressemblent beaucoup à celles des élus et des damnés du portail du Jugement dernier dans lesquelles nous avons discerné une intention maladroite d'imiter les visages souriants des statues de la cathédrale de Reims s'oppose l'ange du côté nord, que nous croyons d'un certain nombre d'années antérieur. Son expression d'un charme tout juvénile, la grâce avec laquelle il présente sa couronne, la simplicité de son costume, la finesse d'exécution en lui rappelle les plus pures créations de l'art et la qualité du modelé, tout XIIIe siècle; il gothique du milieu du est très proche parent du petit saint Matthieu écrivant sous la dictée de l'ange, qui est au Musée du Louvre, et qui lui aussi est placé de profil pour se mieux loger dans l'écoinçon, de forme identique à celui de notre ange, qu'il occupait très probablement avant la destruction du jubé de la cathédrale de Chartres.

Version Alchimique

Canseliet n’en décrit qu’un seul mais une analyse plus poussée des différences entre chaque ange porteur de couronne sera effectuée dans un prochain article de blog.

« Cet ange aux ailes déployées, qui nous présente triomphalement les deux couronnes de l’adeptat, proclame nettement l’essence toute spirituelle de la connaissance hermétique, en même temps qu’il en désigne la source, dans l’illumination et l’inspiration divines. Sans la grâce indispensable, on ne saurait jamais recevoir le don de Dieu. Le vocable grec Charis, qui veut dire la grâce, éclaire singulièrement ce que saint Paul nous dit de la Charité. Mais l’intérêt de cette sculpture concentre surtout sur l’agrafe qui retient son manteau de l’ange stéphanophore. On y reconnaît le symbole graphique de la matière, dans laquelle le philosophe cisèle ses deux splendides couronnes ».

Le coq

Version historique

Alchimie cathédrale poitiers

Dressé sur une patte, un coq, d'un mouvement décidé, lève l'autre et vient la poser sur le haut de l'arcature; la queue s'épanouit en un opulent panache; malgré la minutie naïve avec laquelle les plumes ont été détaillées, l'animal a fière allure. Le coq, qui est déjà un des animaux figurés dans l'Evangéliaire de Lothaire, se retrouve sculpté sur les monuments du XIIe siècle. Particulièrement intéressant est un chapiteau, encastré dans la façade de l'église de Mervilliers (Eure-et-Loir), où l'on voit « hardiment campé sur ses jambes « nerveuses un coq a la queue largement éployée. Au-dessus est écrit, en « lettres onciales, le mot PETRUS, — ce qui montre que le sculpteur a « voulu consacrer ce chapiteau au prince des apôtres dont le coq est l'attribut ». Je ne m'appuierai pourtant point sur cet exemple pour dire que l'abbé Auber a eu raison de voir dans notre sculpture le coq de saint Pierre, mais le chapiteau de Mervilliers montre que son hypothèse est plausible. Dans un écoinçon d'arcature de la porte sud de la façade, un coq a été aussi sculpté ; on en voit un autre sur un modillon de l'église Sainte-Radegonde de Poitiers. Ces différentes sculptures sont tout à fait comparables, par leur style, à celles des stalles.

Version alchimique

Le coq est le seul symbole que l’on retrouve encore intact à la porte gauche de la façade ouest de la cathédrale de Poitiers (les portes ont été fabriquées bien après la réalisation des stalles et cela n’est pas incohérent d’y retrouver des éléments de l’intérieur. Le coq est bien évidemment le symbole de Saint-Pierre à qui est dédié la cathédrale. En dialecte dorien, cela signifie également le chêne qui donne le kermès. Le reniement de Saint-Pierre à trois reprises, symbolise la pierre sur laquelle Jésus bâtit son église « et reçut la primauté de pontife suprême et infaillible », pierre qu’il accroche de sa pâte gauche, pierre que recherche l’alchimiste lors de ses expérimentations.

Le centre de formation de l’Ermitage propose des découvertes alchimiques et initiatiques des principaux lieux énergétiques en France, que ce soit à travers les cathédrales comme les cathédrales de Paris, Poitiers, Chartres ou Bourges, le Mont Saint-Michel, Carnac, Rocamadour… Ces voyages initiatiques sont également complétés de Formations et stages en Alchimie, magnétisme, Géobiologie, Radiesthésie et portées sur l’analyse des âmes.

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